Thomas et la Magie Hasek

Alors que nous voilà rendus au-delà du premier tiers de la saison régulière 2007-08 de la LNH, plusieurs équipes défient les prédictions de tous les observateurs. Dans la Conférence de l’Ouest, il y a les Blackhawks de Chicago qui sont à la lutte pour une place en séries grâce à leur duo de recrues Patrick Kane et Jonathan Toews. Tout le monde pensait que les Blackhawks allaient progresser dans les années à venir, mais peu de gens les voyaient à cette place aussi vite. Mais c’est de la Conférence de l’Est que vient la plus grosse surprise de la première partie de la saison : les Bruins de Boston.

Les Bruins ont été exclus des séries éliminatoires lors des deux dernières saisons et n’ont effectué aucun changement majeur dans l’alignement à l’été 2007. Ils étaient donc un choix facile dans le jeu des prédictions des équipes qui ne seraient pas des séries au printemps 2008. Pourtant, la formation du Massachusetts est à la quatrième place de la conférence après 29 matches. Et ils le doivent à un joueur en particulier : Tim Thomas.

Le gardien de 33 ans originaire de Flint, Michigan était largement inconnu du public nord-américain avant le lock-out puisqu’il y avait joué principalement dans les ligues mineures. En revanche, il s’est construit une belle réputation en Finlande entre 1997 et 2005. Il a joué notamment pour les formations de Kärpät Oulu, Helsinki IFK et Jokerit Helsinki. Dans la compétitive SM-Liiga, il a mérité le trophée Urpo Ylönen de meilleur gardien en 1998 et le trophée Lasse Oksanen de meilleur joueur de la ligue en 2005.

Cette année à Boston, il est en train de réaliser le même miracle que Dominik Hasek avec les Sabres de Buffalo au milieu des années 1990, c’est-à-dire propulser une équipe au mieux médiocre vers les quarts-de-finale, voire plus loin. Comme Hasek à cette époque, Thomas fait face à plus de 30 lancers à chaque soirée de hockey mais assure une efficacité de .936 qui le place au premier rang de la ligue, et de loin.

Les Bruins sont par ailleurs une équipe très moyenne. Seul Marc Savard, avec 29 passes décisives, a une production significative en attaque. Mais comme chacun sait, le gardien de but est le poste le plus important dans une équipe de hockey. Thomas a affronté 674 lancers depuis le début de la saison. S’il avait eu une efficacité de .915, ce qui serait tout de même très bien, les Bruins auraient accordé 14 buts de plus et seraient au mieux à la neuvième place de la conférence. C’est là que la magie opère : un super gardien devant le filet et les Bruins sont à la quatrième place.

Le problème pour les Bruins est que si Thomas se blesse, ce qui est le cas en ce moment mais pour quelques matches seulement, ils ne font pas le poids. Parmi les trois autres gardiens qu’ils ont utilisé depuis le début de la saison, soit Alex Auld, Manny Fernandez et la recrue finlandaise Tuukka Rask, aucun n’a une efficacité supérieure à .900. Mais ils ne sont pas les seuls à dépendre à ce point de leur gardien. Les Devils du New Jersey et les Canadiens de Montréal en sont rendus au même point.

Ce qui augure bien pour les Bruins, c’est que quand arrive le temps des séries éliminatoires, le jeu est encore plus défensif et le poste de gardien de but encore plus décisif. Les Bruins peuvent rêver à la finale de la Coupe Stanley, comme les Sabres de Buffalo de 1999. Le grand défenseur Zdeno Chara saura aussi les aider dans leur zone.

Quelque soit la performance des Bruins de Boston vers la fin de la saison, Thomas est un candidat très serieux, peut-être le plus serieux, pour le trophée Vezina. Il devrait aussi être pris en considération pour le trophée Hart, car il est de toute évidence le joueur le plus utile à son équipe.

facebooktwittergoogle_plusredditpinterestlinkedinmail

Comments are closed.